S’il est un domaine où la plupart des pays du monde se rejoignent, c’est bien la sécurité routière. Chaque pays est en lutte contre les violences routières, les incivilités. Et chacun tente de trouver des réponses adaptées, en tenant compte de sa culture et de son histoire. La France a son histoire et son fonctionnement du permis à points, mais qu’en est-il des autres pays d’Europe et du monde ? Nous allons voir qu’il existe des systèmes proches du nôtre, mais avec des différences notables en termes d’application.
Les objectifs sont toujours les mêmes : la sensibilisation des conducteurs aux dangers de la route, et bien entendu la baisse de la mortalité.
Le permis à points existe dans quasiment tous les pays d’Europe, même si quelques-uns résistent encore. Mais dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, l’harmonisation européenne n’est pas franchement d’actualité. C’est l’Allemagne qui fut la première à instaurer ce type de dispositif. C’était en 1974. La Bulgarie, dix ans plus tard, suit le même chemin, puis c’est la France (1992), la Pologne, la Grande-Bretagne, la Croatie. Au début des années 2000, un grand nombre de pays ont adopté ce système.
Il se décline différemment selon les pays. On dénombre trois applications :
Dans le premier système, chaque conducteur part avec un capital points. Celui-ci varie énormément selon les pays, cela va de 7 points en Croatie à 39 en Bulgarie ! Les pays ont leur propre barème de retrait de points. Ainsi, les sanctions sont très variables pour une même infraction. En Allemagne, par exemple, on ne sanctionne un excès de vitesse qu’à partir de 20 km/h au dessus de la limite. Téléphoner sans kit mains libres implique un retrait de 4 points en Italie.
Les systèmes de bonus en vigueur en Italie et en Espagne se distinguent des autres fonctionnements. En Italie, si le conducteur ne commet pas d’infraction, il augmente son capital de 2 points par période de deux ans, pour un maximum de 30 points. En Espagne, il est possible de gagner 3 points en trois ans en cas de bonne conduite, pour un total maximum de 15 points.
Aux États-Unis, c’est en 1947, dans le Connecticut, qu’apparaît le premier permis à points. Aujourd’hui, une grande partie du pays a adopté ce dispositif. Des permis apprentis sont souvent délivrés, il faut préciser que dans certains États, il est possible d’obtenir son permis à 14 ans. Le fonctionnement est celui du cumul de points après chaque infraction constatée. C’est l’autorité judiciaire qui applique les sanctions.
En Australie c’est l’exact inverse du système français. Le conducteur enregistre des points de démérite à chaque entorse au Code de la route, jusqu’aux 12 points fatidiques indiquant le retrait.
De plus en plus de pays adoptent ce type de dispositions, comme le Maroc, la Chine, l’Argentine, le Canada, etc. D’autres nations sont en discussions et semblent sur la même voie.