Les stages de récupération de points, encore appelés stages de sensibilisation à la sécurité routière ont plusieurs ambitions. Celles-ci ne doivent pas être antagonistes. Pour le participant, l’idée centrale est en effet de récupérer les fameux 4 points sur son permis.
En ce qui concerne l’autorité symbolisée par les moniteurs, il existe une dimension pédagogique de transmission. Ces deux visées doivent se rejoindre afin de réduire au maximum la récidive. L’implication des personnes est essentielle à la bonne marche du stage.
Il faut aussi considérer ces stages comme des formations complémentaires post-obtention du permis de conduire. Le grand objectif de ces stages est de veiller à ce que les participants soient conscients de la dangerosité de certains comportements sur les routes. Il faudrait, en outre, qu’ils le soient assez pour ne pas les réitérer. Le barème de retrait de points est plutôt sévère, les points enlevés sont de plus en plus élevés, et donc le nombre de participants à ces stages explose. L’objectif ultime pour les stagiaires est bien entendu la récupération effective des quatre points.
Il existe deux programmes pour mettre en œuvre ces objectifs. Le programme dit de « première génération« , qui s’appuie sur la transmission des règles, des connaissances indispensables et de la prise de conscience de celles-ci par les stagiaires. Le programme « deuxième génération » est lui empirique, il s’appuie sur l‘expérience accumulée et les retours des uns et des autres. Nous allons explorer le second puisqu’il sera le seul en application à compter de janvier 2018.
Ce programme s’appuie donc sur des ressorts différents de ceux de son prédécesseur. Il mise plus sur l’interactivité des séances pour amener les participants à une auto-réflexion sur leurs comportements. Faire prendre conscience aux gens qu’ils sont acteurs au même titre que tous les autres.
Le programme de ces deux journées est découpé en deux grands axes. Le premier traite des facteurs généraux de l’insécurité routière. On y aborde différents thèmes comme les données nationales et locales du nombre de tués, de blessés, des circonstances… Ensuite, sur la base d’une étude de cas, on incite les stagiaires à échanger et cela peut permettre d’illustrer les données statistiques. Puis un questionnaire d’auto-évaluation ainsi que des exercices sur des situations de conduite sont proposés. Enfin, pour conclure cette première journée, arrive l’étude d’un module spécifique. Il s’agit de la vitesse ou de la consommation de produits psychoactifs. Cet atelier dure environ deux heures.
La deuxième journée s’articule essentiellement autour du traitement de ces deux thématiques. Elles sont abordées selon une méthode bien précise. Tout d’abord la phase de diagnostic, puis la phase d’analyse des influences et enfin la phase d’ajustement. Chacune de ces phases est scindée en plusieurs séquences (représentations, attentes, évaluation) qui doivent amener les stagiaires à une meilleure réflexion autour de leur problématique.
On peut préciser que les animateurs ont la possibilité d’adapter le contenu du stage en fonction du groupe et des profils qui le compose.
À noter que certains stagiaires, dans le cas d’une deuxième participation à un stage, doivent se soumettre à un entretien personnalisé. Il peut être assorti d’une séance de conduite. Cet entretien se déroule hors des quatorze heures dédiées au stage. Il est mené par le psychologue, dure 45 minutes, et porte évidemment sur les infractions commises par le participant.